Du haut moyen âge, restent les ruines de l’église St Saturnin ou St Adournin (langage local). Certainement la première église de la commune. Elle a été construite sur un monument gallo romain. Détruite et reconstruite à plusieurs reprises. elle a été abandonnée au profit de chapelles sises à Aubarne avant la construction des églises de Vic et de Russan.

Les points blancs indiquent les premiers lieux de culte sur la commune : St Théodorit d’Ayrolles, St saturnin et St Nicolas. Il faut noter que le territoire va compter jusqu’à dix lieux cultuels : la chapelle de la bégude basse du IXème siècle (rasée en 2009 en catimini), St Saturnin, Prieuré de St Nicolas de Campagnac, les trois chapelles qui se sont succédées à Aubarne, les églises de Russan et de Vic, le couvent de Beaulieu  et le prieuré d’Ayrolles. On peut rajouter l’école dirigée par les soeurs de la Présentation à Russan, l’école dirigée par les religieuses de St François-Régis à Vic. D’autres petites chapelles et oratoires ont existés dans divers endroits de la commune. Ces lieux ont disparu mais on retrouve les traces dans divers documents.

En rouge les principaux hameaux du mandement de Ste Anastasie.

Le mandement se dotera d’un fort vers le milieu du 12ème siècle avec à son pied un moulin à eau (même époque).

Ce fort sera chargé d’assurer la sécurité dans cette zone très disputée pour la richesse en bois et aussi de surveiller les péages sur le Gardon, la pêche et le moulin appartenant à l’un des seigneurs de Ste Anastasie: l’évêque d’ Uzès (Bac de Ste Anastasie et péage du pont St Nicolas).

Blason des seigneurs d’ Aubarne et de Russan puis seigneurs de Fontarèche et baron d’ Aigaliers (16ème et 17ème siècle).

“”D’argent à  la bande de gueule accompagnée de deux quintefeuilles de même”

D’après un document  (Dipôme) datant de 1144, nous savons l’existence d’un fort construit sur le domaine de Ste Anastasie. La construction de ce “fort” est contemporaine de celles du prieuré de St Nicolas et du moulin de l’évêque sis au pied des falaises supportant le castellas. L’évêque d’ Uzès de l’époque  (jusqu’à la révolution) est seigneur puis coseigneur de Ste Anastasie.

Les bois, le Gardon, le bac et le moulin lui appartiennent. La construction sur ce site d’une forteresse est donc justifiée par la nécessité de protéger cette vaste zone éloignée d’Uzès. Le bac, le moulin, la forêt de Ste Anastasie, le Gardon (pêche, le droit de pêche  est uniquement réservé à l’évêque), le péage de St Nicolas et plus tard le pont St Nicolas de Campagnac sont d’un grand rapport financier pour le susdit évêque. Plusieurs diplômes vont être promulgués à la suite de protestations contestant la propriété à l évêque d’ Uzès suivant l’adage de l’époque : “qui terre a, guerre a”.

Ce n’est pas un château fort comme on l’aime à s’imaginer, bien qu’un ouvrage (Roman – Les camisards – Lamothe) cite le  château de Ste Anastasie et de ses seigneurs (1703). Le problème est que l’auteur de cet ouvrage a oublié que ce fort n’existait plus (1633) et que les personnages cités ont plusieurs générations de décalage.

Il s’agit tout simplement d’un éperon barré par une puissante muraille dont on voit les restes suite au démantèlement en 1633 ordonné par Richelieu. À l’intérieur se trouvaient quelques casemates construites en surface avec la pierre locale et des salles aménagées dans des grottes comprises dans l’espace délimité par les murailles. Un donjon permettait de surveiller la région sur plusieurs kilomètres alentour. Une grosse citerne, taillée dans la roche et encore visible, assurait l’approvisionnement en eau. La position quasi centrale de ce fortin avait l’avantage de pouvoir faire intervenir rapidement les soldats sur les points stratégiques de ce territoire (Péages, moulins, bois………).

Le fort va être d’une importance stratégique pendant les guerres de religion (1560 à 1633). En effet de par sa position, il verrouille les accès entre Nîmes et Uzès mais aussi le passage partie Nord et partie Sud de cette région lors des crues du Gardon: le pont St Nicolas restant le seul passage praticable et sécurisé.

Suite à une conjuration familiale, pendant un temps (Avril 1618), ce fort va servir aussi de prison à l’abbé de St Gilles, Barthélémy de Chaumont. Dans une lettre du 16 avril 1618 adressée à son père naturel Bertichères, l’abbé se plaint des mauvais traitement que l’on lui fait subir.

Le fort sera pris et repris maintes fois pendant les conflits religieux, passant tour à tour des mains des catholiques aux mains des protestants et vice versa.  En juillet 1633, le fort sera détruit sur ordre de Louis XIII et Richelieu veillera à ce que cela soit fait rapidement. C’est Pierre de Gianis, seigneur de la Roche, St Angel et de Dions, gentilhomme de la chambre du roi, sénéchal de Beaucaire et de Nîmes, gouverneur du fort de Ste Anastasie qui assurera cette destruction.

Au pied du fort le moulin dit moulin de l’évêque. Le personnel chargé de le faire fonctionner et de récupérer les diverses taxes pour le blé et la farine sera logé à Aubarne dans la maison de l’évesqua.

Extrait du parchemin qui relate les événements de 1583 concernant la prise du fort de Ste Anastasie qui a mis en ébullition toute la région jusqu’à Béziers.

(Archives départementales du Gard)

Eglise de Russan (1682)

Eglise de Vic (1682)

Ces deux églises ont été construites en même temps à la demande de la communauté qui n’avaient plus de lieu de culte convenable. Aubarne, malgré plusieurs réclamations n’aura pas son église comme elle le désirait mais aura le droit d’ériger une chapelle et un sanctuaire. C’est l’évêque d’Uzès, Poncet de la Rivière qui ordonne ces constructions par un acte notarié du 27 mars 1681 

Ces deux églises sont nées ensemble mais n’auront pas le même destin : l’une (Russan) va être inondée en 2002 et est actuellement en attente de travaux de réfection mais monument historique oblige il va falloir être patient, l’autre (Vic), après avoir subi les assauts des camisards et un incendie en 1703 sera remise à neuf par la volonté seule des habitants de Vic.

Muraille du fort sur le flanc après sape des artificiers de Richelieu.

Reste du Donjon du fort. Une partie avait été remaniée afin d’y installée une croix au 19ème siècle. Mais la foudre la fit voler en éclat.

En 1694, Louis XIV, à court d’argent, propose aux nobles et aux communautés qui n’ont pas de blason de leur en fournir un moyennant finance. Le prix est variable : de 15 livres pour une personne noble à 25 livres pour une commune et trois cents pour une province. C’est un succès. En 1696, de nombreuses communes adoptent leur blason, c’est ainsi que le mandement de Ste Anastasie a eu le sien.

Les armoiries du mandement sont : “d’argent à un pal losangé d’or et de sable (noir) à partir de 1720 environ.

En 1696, les armoiries étaient : d’argent à pal losangé d’argent et de sable. Mais deux autres communautés ont les mêmes couleurs. Ce qui expliquerait le changement des couleurs vers 1720. Les différents historiens ont par la suite adopté la version “or”.

Dans la région de nombreuses armoiries ont les mêmes  seulement différenciés par les couleurs d’où  une certaine confusion.

2 thoughts on “Du haut moyen âge à la révolution

  1. Bonjour,

    Peut on dire, que le regroupement des “village” dans la commune de Sainte Anastasie et avant d’ordre économique, pour que tous les village aient le bénéfice des taxes du Pont St Nicolas, et donc pour éviter des “guerres de clochers”? Donc dater ce “regroupement” entre 1560 et 1632 ?

    1. Bonjour,
      on ne peut pas parler de regroupement pour former la commune de Ste A. Ste A existe en tant que domaine ou territoire depuis le milieu du IXè siècle (à priori dans ses limites actuelles)avec déjà le village d’Aubarne (944 et 951) et les différents hameaux (d’origine gallo-romaine) plus ou moins développés qui la composent : Vic, Campagnac puis Russan selon les sources. Ces derniers (sauf Campagnac IXè)ne sont cités qu’à partir du XIIIè et XVè). Le territoire passe à cette époque (IXè) du giron des comtes d’Uzès à celui des évêques d’Uzès, seigneurs de Ste A (par l’intermédiaire de l’abbaye de Cluny) qui vont récupérer effectivement à leur compte taxes et impôts divers (bac de Russan dit de Ste Anastasie, péage pont St Nicolas, moulin de l’évêque etc…). Le premier document qui relie fiscalement les différents hameaux date de 1547 (compoix ancêtre du cadastre). Quant aux “guerres de clocher” elles apparaissent effectivement à partir de 1682 après les constructions des églises de Vic et Russan qui vont faire perdre à Aubarne son hégémonie sur le territoire.

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